Célestin Rousseau. L’évocation de ce nom ne dit plus rien à personne. Plus d’un siècle après sa mort, tout le monde a oublié ce Deux-Sévrien qui connut pourtant un destin extraordinaire. A la fin de sa vie, Célestin Rousseau est une personnalité incontournable à Nouméa. Pas dans la ville, mais au bagne.

Déporté en 1875 à l’âge de 30 ans au camp de Nouvelle-Calédonie, le Deux-Sévrien a survécu pendant trente ans à l’enfer des travaux forcés. Solide gaillard doté d’un tempérament violent, Rousseau a même tué un détenu en prison huit ans après son arrivée au bagne. Avec son casier judiciaire long comme le bras, la cour d’assises de Nouméa a été sans pitié en le condamnant à la peine de mort, le 9 septembre 1883. En cette fin de XIXe siècle, la guillotine n’étant plus à la mode, le président de la République a commué sa peine en celle de travaux forcés à perpétuité… lui qui avait été condamné aux travaux forcés à perpétuité par le cour d’assises des Deux-Sèvres huit en ans plus tôt. Il a donc pu reprendre sa vie au bagne comme si de rien n’était, alternant les périodes d’isolement lorsqu’il entravait le règlement et la pratique de son métier au camp. Lire la suite »

31
Déc

Un crime au clair de lune (Saint-Varent, 1834)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   et classé dans Crimes en Deux-Sèvres

On a beau être amis et partager des moments de convivialité, il arrive un moment où l’alcool fait dérailler le scénario de la soirée festive. Les destins s’en trouvent alors bouleversés à jamais. La preuve. 

15 décembre 1834. 21 h. Louis Joyau est en colère. Très en colère même. Caché en embuscade sous un escalier permettant d’accéder au moulin de la Chevrie, une propriété située dans la commune de Saint-Varent, le « garçon meunier » de 22 ans attend que les responsables de son courroux se présentent. Tapis dans la pénombre, une fourche à feu à la main, ils les attend de pied ferme. A commencer par son maître, le propriétaire du moulin, Louis Marcheteau, 30 ans, qui vient de le mettre à la porte. Mais c’est surtout Alexis Rabit qu’il maudit le plus. Ce « bourgeois » vient de lui faire perdre huit bouteilles aux cartes. Il va le payer. Lire la suite »

29
Déc

Le crime de la rue Claire (Niort, 1911)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   et classé dans Crimes en Deux-Sèvres

Le crime de la rue Claire constitue l’un des faits divers les plus marquants de  l’histoire de Niort. Commis en janvier 1911, l’assassinat ne mettra pas que quelques heures à trouver ses coupables. 

Lundi 9 janvier 1911. On frappe à la porte. Au 1er de la rue Claire à Niort, Rosalie Minçon s’empresse d’aller ouvrir. Dans cette petite maison située entre la rue Saint-Gelais et la rue du Rempart, la veuve de 72 ans loue quelques chambres aux gens de passage ou aux filles accompagnées de leur client. En ouvrant la porte, la septuagénaire tombe sur deux jeunes hommes, plutôt bien vêtus, qui expliquent vouloir passer quelques nuits chez elle. Rosalie Minçon les fait entrer et les installe dans une chambre au rez-de-chaussée. Elle l’ignore mais elle vient de commettre-là l’erreur de sa vie. Lire la suite »

On ne sait pas grand chose d’elle mais Anna ressemble à beaucoup de jeunes filles de son âge qui, au tournant du XIXe et du XXe siècle, se sont retrouvées prises au piège de l’amour. Accusées, montrées du doigt, elles ont assumé seules les conséquences de leurs actes alors que les conventions sociales et la lâcheté des hommes ont aussi contribué à tous ces drames.

5 avril 1912. A Chaignepain, commune des Alleuds, Marie Fouché vaque à ses occupations dans la ferme qu’elle gère avec son époux, Jacques. Pour ce couple de cultivateurs remariés, la vie a souvent été difficile. Les drames ne les ont pas épargnés et leur union a longtemps fait jasé dans les environs. Pensez-donc ! 16 ans d’écart ! Mais cette différence n’a pas empêché Marie, 65 ans, et Jacques, 49 ans, de refaire leur vie et d’avoir un enfant ensemble, Anna aujourd’hui âgée de 20 ans. Lire la suite »

12
Fév

Bonnet blanc et blanc benêt (Paizay-le-Chapt, 1839)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   et classé dans Crimes en Deux-Sèvres

C’est un crime bien étrange qui secoue la commune de Paizay-le-Chapt le 22 décembre 1839. Un homme sans histoire est assassiné sans raison apparente. Etrange, d’autant que l’enquête peine à trouver le mobile et le coupable

Dimanche 22 décembre 1839. A Vezin, commune de Paizay-le-Chapt, près de Brioux, François Billaudeau, son frère Jean Billaudeau et sa femme sont assis autour de la table pour partager le dîner. Dans ce modeste logement qui ne compte qu’une seule pièce, la famille s’est regroupée près du feu de la cheminée. Dehors, la nuit est tombée depuis une heure et l’hiver sévit. L’ambiance est sereine, seul un bruit curieux provenant du dehors éveille la curiosité de la femme Billaudeau. « C’est le vent »1 la rassure son époux. Assis sur sa chaise, François tourne légèrement la tête pour essayer de deviner la provenance du bruit. Au même instant, une détonation aussi soudaine que violente retentit dans la pièce. Jean Billaudeau et sa femme sursautent d’effroi. François lui ne bouge plus. Son corps gît sur le sol, le visage en sang. Les époux se précipitent à son chevet et tentent à la fois de lui porter secours et de comprendre ce qu’il vient de se passer. François a la mâchoire explosée. Il baigne dans une mare de sang. La vision est cauchemardesque. Lire la suite »

25
Jan

Il y a quelqu’un de caché dans ma chambre (Pioussay, 1890)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   et classé dans Crimes en Deux-Sèvres

C’est la hantise de chacun : se coucher dans sa chambre, fermer les yeux pour s’endormir paisiblement mais se rendre compte que quelqu’un vous guette dans l’obscurité avec une arme. Cette mésaventure, Germain Boux l’a connue en 1890. 

5 avril 1890. Germain Boux sursaute dans son lit au beau milieu de la nuit. Le cultivateur en est certain, il y a quelqu’un dans sa chambre. Le bruit qu’il vient d’entendre ne provenait pas du dehors mais bien de l’intérieur de la pièce. Assis dans son lit, le coeur battant la chamade, il tente de percer l’obscurité de ses yeux embués de sommeil. La légère clarté de la nuit étoilée lui permet de repérer quelques éléments de sa chambre. Tout semble normal. Il tourne alors légèrement la tête et « distingue une forme humaine se dressant près de lui »1    Lire la suite »

24
Jan

Dénoncée à tort et à Travers (Le Cormenier, 1878)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   et classé dans Crimes en Deux-Sèvres

Dans les années quatre-vingt, l’historien Frédéric Chauvaud a montré que les campagnes au XIXe siècle étaient des lieux de « tensions » et de « conflits ». Dans cette « société rurale singulière »1, les normes sociales reposaient beaucoup sur  la tradition (la réputation, la famille, la terre).  Les « pressions exercées par la société globale » interdisaient tout écart. Gare alors à ceux qui n’entraient pas dans les cases… (sources : Archives Départementales)

Mardi 19 novembre 1878. Le Fenêtreau, commune du Cormenier, près de Beauvoir-sur-Niort. Jean Nourrigeon marche d’un pas assuré dans la nuit. Il est un peu plus de 21 heures et le cultivateur de 42 ans a promis d’aller chercher sa femme et sa fille parties à un mariage non loin de là. Il marche depuis quelques secondes quand un bruit le fait ralentir. Il vient d’entendre une plainte. Il tend l’oreille. Oui, pas de doute ce sont bien des cris retenus, semblant provenir de la maison de Catherine Gaboriaud, une veuve de 39 ans. Curieux, il s’approche de la demeure et remarque de la lumière par la fissure de la porte. Le plus discrètement possible, il enlève un morceau de lainé placé dans une petite ouverture pour bloquer le froid, et jette un regard à l’intérieur. Ses yeux se posent immédiatement sur Catherine Gaboriaud, debout, au pied de son lit. La veuve semble tenir quelque chose dans ses mains. Il n’a pas le temps d’en savoir plus. La femme, sentant une présence à l’extérieur de sa maison, se précipite sur la bougie pour l’éteindre. Derrière la porte, Jean Nourrigeon reste là quelques instants, figé. A l’intérieur, Catherine Gaboriaud n’ose plus bouger non plus. Lire la suite »

4
Déc

Trois femmes et un coup fin (Breloux, 1824)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   et classé dans Crimes en Deux-Sèvres

Les empoisonnements sont très difficiles à prouver au XIXe siècle car la science ne maîtrise pas totalement les techniques pour déceler avec certitude les traces de poison dans l’organisme. Les enquêteurs se rabattent alors sur des indices annexes… comme des poules .

Mercredi 26 mai 1824. Il est un peu plus de 7h30 du matin lorsque Louise Vachieu, une veuve de 68 ans, remarque du coin de l’oeil son voisin revenir du travail. Elle reconnaît François Druet, beau-frère de sa fille. Comme tous les matins, le scieur de long de 24 ans, parti dès l’aube à son travail, s’accorde une petite pause pour manger une soupe. A Breloux, petit village jouxtant La Crèche, le jeune homme jouit d’une bonne réputation même si sa situation familiale fait un peu jaser. Marié à Louise Poussard, il vit aussi avec la mère et la sœur de son épouse. Autant dire que chez les Poussard, les femmes ont pris le pouvoir et c’est un doux euphémisme. Lire la suite »

3
Déc

Clarisse voulait juste l’oublier (Niort, 1892)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   et classé dans Crimes en Deux-Sèvres

21 juin 1892. En Nouvelle-Calédonie, Léonard Piquet s’éteint à l’âge de 45 ans, éreinté par huit longues années de bagne. Dans cette colonie pénitentiaire fréquentée par les criminels les plus dangereux de l’hexagone, le bagnard immatriculé 15499, classé parmi les « transportés toutes catégories », a tout connu : la faim, la soif, l’épuisement total par le travail, la violence. A maintes reprises, il a dû regretter son geste, commis huit années plus tôt à Niort. Un fait divers qui a marqué les esprits par sa brutalité et qui trouve son origine 9 ans plus tôt

Décembre 1883. Paulin Clément Lesueur est très ennuyé. Comment va-t-il faire pour remplacer sa domestique victime d’un accident. Le notable de 36 ans ne peut se passer d’une servante pour tenir sa belle maison de la rue de Strasbourg à Niort. Lire la suite »

2
Déc

Effroyable jardin (Niort, 1860)

   Ecrit par : Olivier Goudeau   et classé dans Crimes en Deux-Sèvres

Un mari jaloux est capable de tout, comme creuser une tranchée pour espionner son épouse dans un potager. Cela pourrait faire sourire mais la suite de ce crime très médiatique au XIXe siècle va malheureusement basculer dans le tragique. 

 

« Une foule avide d’émotions se presse dans la salle de la Cour d’assises. On vient voir juger un homme accusé d’assassinat : une bêche et un bâton ayant servi au meurtrier, quelques vêtements ensanglantés ayant appartenu à sa victime, un banc sur lequel aurait été commis le meurtre et qui porte des traces de sang sont déposés sous les yeux des jurés. »1 C’est en ces termes que le journaliste du Mémorial des Deux-Sèvres débute son article le 11 septembre 1860. Comme des dizaines de curieux, le reporter est venu assister au procès de l’un des crimes les plus médiatiques du XIXe siècle en Deux-Sèvres.   Lire la suite »

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